LES
TRADITIONS DU NOUVEL AN CHINOIS
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CEDRIC / Dr Pierre Picquart Tous droits réservés.
Le Nouvel An chinois
représente une opportunité d’apprécier des traditions ancestrales
et modernes pratiquées par les Chinois dans le monde entier.
En Chine, il y a de nombreuses fêtes. Chaque événement important,
religieux ou social est une occasion de réjouissances. Comme
pour d’autres civilisations, la nouvelle année chinoise représente
une période de festivités commanditées par le calendrier lunaire
: le temps de l'hiver se termine pour laisser place au printemps,
symbole de la renaissance.
Ainsi, le Nouvel An
traditionnel est en même temps, leur fête du Printemps. Tous
les vols et les transports intérieurs sont complets en Chine
à cette époque. Des charters aériens sont organisés pour permettre
aux migrants de rentrer chez eux pour les fêtes. C’est l’occasion,
pendant près de trois semaines, pour toute la population chinoise
qui va rentrer chez elle, de se retrouver en famille, de visiter
des amis, de « faire la fête » dans l’allégresse et parfois
de prendre également des vacances.
Il
s'agit d'une fête nationale et familiale, où l’on « fait son
bilan » et où l’on construit des perspectives positives avec
ses proches. C’est aussi un moment où l’on resserre les liens
entre les collègues. A cette occasion, on porte des toasts,
on s'incline devant les aînés, les jeunes font éclater des pétards,
on range la maison, on règle ses dettes, on partage la joie
de la chaleur familiale retrouvée, au son des gongs et des tambours.
Le charme de la fête du Printemps, ce sont des défilés, des
vœux, des décorations multicolores, des repas, des cadeaux,
des cortèges dominés par la couleur rouge du bonheur, des dragons
porteur de chance, des pétards pour éloigner les esprits néfastes
et des lanternes. Chaque région à ses coutumes, mais tout le
monde fête le Nouvel An chinois !
Le
18 février 2007, l’année du Cochon s’installe ! Pour les Chinois,
la fête du Printemps est devenue, en quelque sorte, un symbole
de l'union, de la prospérité et une occasion où ils vont exprimer
des espoirs. Tout est fait pour placer l’année sous les meilleurs
auspices. Bref, le Nouvel An chinois est une grande fête de
la bonne entente et de la joie partagée, un mélange de notre
« Noël » magique et de notre « Jour de l’An Occidental » qui
marquera nos esprits et l’année à venir.
La
fête du Dongzhi
Les Chinois utilisent les deux calendriers : officiellement,
celui qui nous est coutumier en Occident, le calendrier Grégorien
et pour leurs fêtes traditionnelles, le calendrier soli-lunaire.
Les périodes du calendrier chinois correspondent à douze mois
lunaires, nommés de 1 à 12. Tous les 2 ou 3 ans, un 13e mois
supplémentaire est ajouté. Le solstice d’hiver du 21 décembre
se situe dans le 11e mois lunaire. Le11me jour de ce 11me mois
lunaire, c’est le jour le plus court qui annonce l’arrivée du
printemps, la fête du solstice d'hiver. Les jours vont rallonger.
Ce sera une bonne occasion de réunir la famille. C’est « le
petit Nouvel An » où l’on va aussi vénérer le ciel et les ancêtres.
Au repas, des boules de riz gluant ou de pâtes vont symboliser
la réunion. Avec de la viande de porc et du riz glutineux farci,
leur rondeur symbolisera l'union familiale. La maison sera également
rangée et nettoyée afin de chasser les malheurs, les mauvais
esprits et les maladies du foyer.
La
fête Lari
Cette fête est célébrée trois jours après le
solstice d'hiver, le 14me jour du 12me mois lunaire. Autrefois,
il s’agissait pour les paysans chinois de fêter les récoltes
et faire des offrandes pour remercier les ancêtres et les cinq
dieux du foyer : le dieu de la porte, le dieu de l’auvent, le
dieu du puits, le dieu de l’âtre, le dieu du foyer et le dieu
des fenêtres. Aujourd'hui cette fête elle est caractérisée par
la préparation d’une bouillie spéciale, constituée d’aliments
de base qu’il était coutume d’offrir aux ancêtres, aux dieux
et aux amis. Composée de produits divers (riz, pois, fèves,
haricots, soja, de châtaignes, jujubes), cette bouillie est
aussi consommée en Inde et dans d’autres régions bouddhiques.
L’offrande au Dieu Zaojun
C'est la préparation de la fête du Nouvel An
Chinois. Le 23me jour du 12me mois lunaire, c’est le jour où
le dieu du foyer, Zaojun, remonte au ciel pour faire son rapport
annuel sur chaque individu. Pour l’amadouer, pour qu’il fasse
« un bon rapport » et qu'il soit indulgent, on lui offre des
plats, des vins et des sucreries censées lui coller la bouche
pour qu’il ne parle pas trop ! On lui offrira d’autres substances
pour l'endormir et l'enivrer, pour qu'il oublie de raconter
les mauvaises choses dont il a pu être témoin durant l'année
écoulée. Pour assurer son voyage, on dépose sur un autel de
l’eau, de l’herbe et du grain pour son cheval avec sa silhouette
découpée dans du papier. A la fin de l’offrande, on brûlera
son effigie qui sera remplacée par une nouvelle le jour de son
retour, le premier jour de l’an. Pour effrayer les mauvais esprits
et réjouir les dieux, « le départ de Zaojun » sera accompagné
par des pétards.
Le départ des Dieux de la maison
Le 24me jour du 12me mois lunaire,
le lendemain après l'offrande à Zaojun, tous les dieux du foyer
quittent la maison et remontent au ciel. Leur départ sera salué
avec des pétards afin d'éloigner tous les mauvais esprits. On
brûle les représentations de leurs moyens de transport qui les
emmènent jusqu'au ciel (palanquins et chevaux) et du faux papier
monnaie afin que, symboliquement, ils ne manquent de rien. On
les reconduit dans l’imagination tôt le matin vers le ciel.
Après leur départ, les génies du foyer étant absents, la famille
effectue alors un grand rangement dans toute la maison, en évitant
toute dispute et tout désaccord dans le foyer. Le retour des
Dieux est alors attendu le quatrième jour de la nouvelle année.
La veille du Nouvel an
Il s’agit de "prendre congé" de la
période écoulée dans de bonnes conditions et d’entrer dans la
nouvelle année de la meilleure façon possible. La coutume veut
que l'on s'acquitte de toutes ses dettes avant la fin de l'année.
Avec des prières et des offrandes, on brûle une dernière fois
de l'encens aux dieux et aux ancêtres. On prépare aussi les
gâteaux du nouvel An. Des visites sont faites l’après midi aux
amis et aux proches pour leur souhaiter une bonne fin d'année,
puis l’on prépare le grand banquet du nouvel an. On donnera
beaucoup de son temps pour préparer ce nouveau réveillon où
il y aura toutes sortes d'aliments et de plats très variés qui
symboliseront le bonheur, la chance, la réussite et la longévité.
A la maison la famille prendra soin de bien décorer la pièce
principale. Les magasins et les foyers seront parsemés de décorations
« porte-bonheur » pour célébrer la nouvelle année. Pour les
protections, les Chinois apposeront dans leur maison des "dieux
des portes". Ce sont des images de génies protecteurs qui
s’inspirent du style des guerriers des empereurs chinois, vêtus
d'une armure et tenant une lance et un sabre. Il y aura "des
papiers du printemps" avec des voeux pour la nouvelle année.
Dans les commerces et les maisons, les images sont appliquées
de chaque côté de la porte d'entrée ou sur les murs de la pièce
principale. Les caractères seront dorés sur fond rouge, la couleur
du bonheur. Cinq bénédictions (longue vie, richesse, paix, amour
et vertu) sont les voeux les plus courants. Un "Autel au
ciel et à la terre " sera dressé en l'honneur des Dieux.
Les tambours, les pétards et même des branchages de bois secs
(servant à repérer les mauvais esprits qui feraient du bruit
en se déplaçant) éloigneront les esprits néfastes toute la journée
jusqu'au lendemain.
Le banquet du Nouvel An
La veille du Nouvel An, le banquet du Printemps commencera tard
dans la soirée pour se terminer le lendemain à l’aube, en réunissant
exclusivement la famille. Il sera ouvert après que toutes les
offrandes aux dieux aient été effectuées. Les préparatifs du
repas auront été particulièrement longs car le menu du banquet
est l'un des plus riches de toutes les fêtes traditionnelles
chinoises. Sont souvent servis des plats frits à l'huile (symboles
de la chance et de la prospérité), des aliments de forme ronde
(symboles de la réunion), des vermicelles (fortune), des nouilles
(symboles de longévité). Tout est entrepris pour commencer la
nouvelle année sous les meilleurs auspices.
Si il n’y a pas de menu exact préétabli, deux spécialités courantes
sont appréciées lors des banquets du Nouvel An : les raviolis
chinois et le niangao. Consommer des raviolis chinois, c'est
accueillir la fortune et entrer dans la richesse. Pour la pâtisserie
(niangao) originaire du sud de la Chine, sa signification provient
du jeu de mot entre Gao " gâteau "et Gao " élevé
".
L'heure du Rat, entre onze heures et une heure, est le moment
où tous les esprits viennent sur terre participer " à la
fête. Des offrandes seront faites aux dieux et aux ancêtres.
La famille est prête à accueillir le retour de Zaojun. Le festin
des esprits étant fini, la famille peut profiter du banquet.
Au réveillon, le dîner ne commencera que lorsque toute la famille
sera présente. Les plats de fêtes seront à l’honneur : poissons,
symbole d’abondance et toutes sortes de viandes dont le poulet,
le canard et le porc. Le réveillon familial se terminera toujours
par le don de "l'argent de la chance". Les adultes,
en particulier, les parents et les grands-parents, vont remettrent
aux enfants des enveloppes rouges contenant de l'argent pour
leur apporter la chance durant la nouvelle année.
A une heure du matin on brûlera les images des dieux et des
sages et on installera une nouvelle image du Dieu Zaojun, dont
c'est le retour. Puis la famille va se coucher pour quelques
heures et dès le lendemain la suite de la fête reprend avec
ses rites coutumiers. Le matin du Nouvel An, on célébrera «
le culte des ancêtres ». Cette journée qui marque le Nouvel
an chinois est placée sous le signe de la réconciliation et
de l’amitié.
Les danses du Dragon ou du Lion
Certaines traditions anciennes
ne sont pas toutes effectuées. La Chine se modernise, mais conserve
ses traditions ancestrales. Cela dépend du contexte, de la région
et de la famille. Il n’y a pas de nouvel An Chinois sans la
présence et la danse traditionnelle (dans les rues, sur les
plateaux de télévision, dans les restaurants) du Dragon qui
symbolise la noblesse, la bravoure et la chance. La danse du
dragon (supposée repousser les mauvais esprits) fait partie
de toutes les festivités. Plusieurs personnes se cachent dans
un immense dragon de papier coloré qu’ils manipulent en lui
faisant faire d'impressionnantes acrobaties.
Cette danse joyeuse accompagne la population, avec le bruit
des tambours et des pétards. Premier invité au bal du réveillon,
le Dragon (ou le Lion), sera animé par des équipes de sept à
dix danseurs. Au rythme des cymbales et de gongs, ils animeront
les rues, cachés sous le corps d'un animal géant en papier aux
couleurs multicolores. Cette danse, au rythme des instruments
traditionnels, comprend toute une série d'exercices et de sauts
périlleux qui nécessite une superbe habilité.
Le nouvel an chinois est également célébré par
de magnifiques feux d'artifices dans les villes chinoises, par
des show télévisés et par des explosions de pétards dans les
rues. Nous ne sommes pas très loin de l’ambiance de notre Nouvel
an Occidental. Cette grande période de festivités marquant le
Nouvel An Chinois se terminera traditionnellement 15 jours plus
tard. En effet, le quinzième jour du premier mois, marque la
clôture de la période de festivités du nouvel An. Ce sera «
la fête des lanternes » où l'on accrochera des lampions multicolores
à la tombée de la nuit de la pleine lune.
Dr Pierre PICQUART
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