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LA
FORME OLYMPIQUE DE LA CHINE,
Editions Favre, 320 pages.
JEUX
OLYMPIQUES PEKIN 2008
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Outil
indispensable et complet pour mieux suivre les
Jeux et l'évolution de la nouvelle Chine.
Les Jeux de 2008 sont un challenge et un accélérateur
pour la Chine. L'ouvrage détaille les caractéristiques
des Jeux et LA
NOUVELLE CHINE : société, diplomatie,
économie, finances, recherche, R & D, environnement,
produits chinois en Occident, technologies…
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LE
FIL DE ACTUALITE
Les
Algériens et l’immigration chinoise
(Mustapha
Boudhine)
Pour
la première fois de sa courte histoire, l’Algérie doit
faire face, avec les Chinois, à une immigration étrangère.
De plus en plus implantés dans les secteurs économiques
nationaux, formels et informels, les Chinois commencent
à susciter le débat.
Comme
son voisin marocain ou comme le lointain Sénégal, l’Algérie
vit désormais à l’heure chinoise au point que la presse
locale n’hésite plus, au risque de verser dans une sinophobie
inquiétante, à parler de « déferlante » voire « d’invasion
». Il faut dire qu’en 2004, la majorité des grands chantiers
de construction (logements, barrages, ports, routes,...)
ont ainsi été « raflés » par les 18 groupes chinois
de BTP présents en Algérie, dont le géant public China
State Construction & Engineering Corporation (CSCEC).
Montant du butin : au moins 720 millions de dollars.
A cela il faut ajouter le contrat décroché par China
National Petroleum Corporation (CNPC). Cet autre poids
lourd chinois vient ainsi de remporter, au nez et à
la barbe des grands groupes occidentaux, le contrat
de reconstruction d’une raffinerie à Skikda (Est du
pays) pour un montant de 390 millions de dollars.
«
Les Chinois sont compétitifs et ils travaillent vite
», explique un officiel algérien, qui précise que les
relations économiques entre les deux pays se sont accélérées
depuis la visite à Alger, en février 2004, du Président
Hu. « Peut-être qu’ils travaillent bien mais, surtout,
ils comprennent vite à qui il faut distribuer des enveloppes
», raille de son côté un banquier algérois. Et d’ajouter
avec une moue dubitative : « C’est la première fois
depuis longtemps que ce pays fait face à une immigration
étrangère et je ne sais absolument pas comment la société
va réagir. »
Extrait de l'article Source 2007 : Mustapha Boudhine
/ http://www.afrik.com/article8335.html
Sur
le même thème:
Chinois-Immigrés chinois en Algérie (M6 66
Minutes 10-6-07)
"Un drôle de reportage tourné par
Haïcha Ladrouz et présenté par Aïda Touihria : des ouvriers
chinois qui travaillent et des ouvriers algériens, certes
moins bien payés, qui ne veulent pas travailler et qui
verraient d'un très mauvais oeil que cette main-d'oeuvre
s'installe définitivement en Algérie. " Bridgtower
Extrait du Jt de France 2
LES
MIGRANTS DE LA DIASPORA CHINOISE
La
plus riche et la plus importante du monde
La
diaspora chinoise présente sur les cinq continents
est issue d'un long processus qui commence au premier
millénaire. Au XIXe siècle, les flux se
développent massivement et stoppent à
la création de la République Populaire
de Chine. L'histoire des Chinois de France débute
à la Grande Guerre. La présence migratoire
en France est ensuite discrète. Dès 1975,
les réfugiés, à 80 % d'origine
chinoise, développent le quartier chinois du
XIIIe. A Paris, des pôles marchands autonomes
émergent, soutenus par la diaspora. En 1996,
les sans papiers chinois créent "une fêlure"
dans les communautés et briguent une intégration
républicaine. Avec l'ouverture économique
de la Chine, de nouveaux migrants arrivent du Sud-Est
et du Nord-Est du pays, du fait des restructurations
des entreprises d'Etat. La France devient une destination
privilégiée. Au regard de ces flux, la
question migratoire chinoise est posée en France
et en Europe. Très peu de continents ont été
épargnés par l'émigration chinoise.
La diaspora chinoise mondiale se compose de plus de
50 millions d'individus. Si l'on considère les
Chinois de Taiwan et de Hong Kong rétrocédée,
le nombre s'élève alors à plus
de 80 millions de personnes. De nos jours, la communauté
d'origine chinoise en France peut être évaluée
à 450 000 personnes et à 250 000 en Ile-de-France.
Depuis l'ouverture économique de la Chine, grâce
à de nouvelles filières, des nouveaux
migrants chinois affluent en France qui devient une
destination privilégiée.
Les
nouvelles filières d'immigration vers la France
Ces
nouveaux migrants ne viennent plus uniquement des régions
côtières du Sud-Est de la Chine, mais du
Nord-Est, du fait des restructurations économiques
des entreprises d'Etat en Chine. Munis de visas, avec
des domiciliations en France chez des particuliers ou
dans des associations, des nouvelles filières
migratoires se mettent en place. Les tentatives migratoires
clandestines des zones rurales du Sud (Guangdong - Zhejiang
et Fujian) et du Nord-Est (Jilin - Liaoning - Heilongjiang
- Hebei) de la Chine se développent. L'immigration
Wenzhou ne ralentit pas. Originaires de Zhejiang, ces
derniers représentent 60 à 65 % des nouveaux
arrivants dans le quartier de Belleville à Paris.
Plusieurs trajectoires passent par l'Europe de l'Est
et la Turquie. Les réseaux sont présents
en Asie, en Russie et en Europe de l'Est (Pologne, Bulgarie,
ex-Yougoslavie). Attendant parfois plusieurs semaines
leur passage pour l'Allemagne, les Pays Bas, l'Angleterre,
la Belgique, la France, l'Espagne ou l'Italie, munis
de faux papiers ou de documents délivrés
en cours de route (visa polonais en Russie ou visa serbe
par exemple), les trajets des clandestins, avec de multiples
circuits et filières en Europe, peuvent durer
de quelques jours à quatre mois. Ils utilisent
divers itinéraires et moyens de transport (avion,
train, camion, bus, trajets à pied) selon les
choix des passeurs.
De
nombreux ressortissants chinois arrivent à l'aéroport
de Roissy-Charles de Gaulle, avec des billets délivrés
par des agences de voyage. Accueillis à Paris
par des "Dongbei" déjà présents
sur le territoire, des groupes issus du Nord les aident
à s'établir dans des communautés
chinoises bien implantées en France (Wenzhou
et Teochew). Les migrants acceptent des travaux modestes
dans des ateliers clandestins chinois ou turcs, à
Paris et en Ile-de-France. Il s'agit d'une main-d'uvre
peu regardante et économique, y compris pour
les femmes, recrutées comme femmes de ménage.
On constate également des réseaux de prostitution
à Paris peu visibles jusqu'alors, et l'arrivée
de jeunes migrants mineurs isolés.
Sans
tenir compte des opportunités d'entrées
via les visas délivrés par les Consulats
de France en Chine (79 000 en 1999, hors Hong Kong),
actuellement près de 40 000 ressortissants d'origine
chinoise tentent de pénétrer en France
chaque année. Les stratégies des migrants
chinois évoluent rapidement. Sur la base de récents
travaux en Chine, en collaboration avec des responsables
français, de statistiques récentes (OFPRA,
Ambassade de France, Ministère de l'intérieur
français), nous assistons à de complexes
modalités d'entrée en France des ressortissants
chinois, dans un phénomène qui peut devenir
exponentiel.
A
Paris, la demande d'asile chinoise devient la première
par groupe de nationalité. Celle-ci est passée
de 110 demandes en 1985 à 2 076 en 1998, à
5 169 demandes en 1999 (sources : OFPRA, 2001) et à
une prospective (données provisoires) identique
en 2000 comparée à 1999. Malgré
le faible taux d'accord sur les dossiers (en 1999 <
3 %), ces demandes permettent aux demandeurs d'asile
de "gagner du temps" pour tenter une régularisation
ultérieure et ne représentent qu'une faible
proportion des entrées sur le territoire. Il
faut tenir compte des régularisations obtenues
dans l'espace de Schengen (campagnes en Espagne). Les
ressortissants munis de documents régularisés
grâce à des complicités locales
ibériques (domiciliations payantes de 20 000
à 30 000 FF) reviennent en France. Les candidats
à la régularisation ont compris le profit
qu'il pouvait tirer des accords de Shengen. Enfin de
nombreux chinois présents en Europe Centrale
attendent que leur pays d'accueil intègre la
Communauté Européenne.
L'appui
de la puissante diaspora parisienne
Cette
nouvelle immigration s'appuie sur des structures et
des réseaux bien implantés. Autonomes
au regard des pays d'accueil, et très soudées,
les communautés chinoises ont une importance
économique considérable. Le rapide développement
des quartiers chinois parisiens n'est pas lié
à un quelconque hasard ou à des soudaines
opportunités ; L'espace autonome des quartiers
chinois repose sur la base de deux grands principes
; La confiance dans les amitiés personnelles
et les réseaux qui s'inscrivent dans un projet
collectif de groupe et de stratégie de réussite
individuelle. Les solidarités claniques, familiales,
géo-dialectales sont liées à une
culture ancestrale, à un acquis collectiviste
confucéen, et à des filières d'entraide
financières dans le monde entier, sans oublier
les liens d'investissement avec la Chine.
Forts
de ces atouts culturels, historiques, et de leur expérience
migratoire fondée sur une principale activité
- le commerce -, les Chinois d'Outre-Mer bâtissent
de véritables empires. Avec des groupes financiers
très puissants dans le monde, cette diaspora
joue un rôle clef dans l'ouverture économique
de la R.P.C. en réinvestissant considérablement
dans les régions d'origine. Démarrant
durement leur labeur et leurs premières activités
dans les pays d'accueil, le succès scolaire et
l'ascension sociale des migrants sont rapides dès
la deuxième génération, produisant
des réussites individuelles, familiales et collectives.
Ces Chinois solidaires, secrets, respectueux et travailleurs,
ont la possibilité d'investir rapidement grâce
à la solidarité et à un système
de prêt communautaire, le "Hui", qui
permet, sans passer par des organismes financiers, d'acquérir
comptant un appartement ou un commerce et de s'implanter
dans un quartier qui va se développer rapidement.
La vitrine du XIIIème arrondissement de Paris,
le quartier de Belleville et d'autres secteurs chinois
de la capitale forment des exemples concrets de ces
stratégies.
Ce
système d'entraide a permis aux Chinois de s'implanter
de façon autonome dans l'épicerie extrême
orientale et dans la restauration, puis dans des activités
économiques très diversifiées.
Cette communauté jugée favorablement par
l'ensemble des français représente pour
certains un modèle d'intégration communautaire.
Pour d'autres, il s'agit d'une vie "en ghetto",
hors du modèle français d'intégration.
La Communauté chinoise vivait "en développement
séparé" de la société
française. Avec l'extension des quartiers chinois
à Paris, des problèmes se posent néanmoins
avec certains riverains, et des tensions surgissent
avec des communautés étrangères
qui vivent ou se déplacent à l'extérieur
des espaces chinois.
Un
nouveau modèle d'intégration et le mouvement
des " sans-papiers " Chinois
Depuis
1997, "la révolte des sans-papiers Chinois"
en France a créée une fêlure dans
les traditionnelles Chinatowns parisiennes. Obtenant
à 83 % des papiers et le plus fort taux de régularisation
par nationalité, les nouveaux migrants chinois
et les plus jeunes ont manifesté le désir
d'une nouvelle intégration qu'il faut encourager.
Si leurs ancêtres étaient repliés
sur leurs communautés qui continuent à
se développer, les nouveaux migrants chinois
- de plus en plus nombreux en France - veulent s'échapper
de la tutelle ancestrale des quartiers chinois. Ils
souhaitent vivre à l'européenne, travailler,
s'unir librement en dehors des Chinatowns. Parlant souvent
le français, ils adoptent un modèle culturel
qui s'oriente vers une nouvelle intégration ;
Ainsi le choix des jeunes chinois de Paris qui mettent
en place pour les 5 et 6 mai à venir un congrès
international des jeunes Teochews avec plus de 400 participants,
avec pour thème "La place de la France dans
le monde".
Perspectives
et propositions pour une coopération européenne
avec la Chine
Au
moment présent, il est nécessaire de s'intéresser
aux modalités d'entrée en France des ressortissants
chinois en privilégiants de nouveaux axes de
recherche ; Les facteurs incitatifs et les préparatifs
d'entrée des chinois ; Les filières, les
méthodes, les réseaux utilisés
pour l'entrée en France ; Les conséquences
de l'arrivée des Chinois en France. Un effort
particulier devrait être engagé pour améliorer
l'approche quantitative des flux chinois vers la France
et pour différencier les origines et les lieux
d'accueil. Il s'agirait aussi d'évaluer les itinéraires,
"le poids" de la communauté chinoise
en France et de définir des indications sur les
modes d'intégration (ou non) en France, en tenant
compte de l'espace européen.
La
gestion des flux migratoires est un domaine de coopération
qu'il faut développer avec la Communauté
Européenne, et la Chine. Si l'intégration
des Chinois installés dans les pays d'accueil
en Europe doit être encouragée, l'immigration
et l'utilisation de la main-d'uvre clandestine
doit être combattue, et une dimension préventive
avec la Chine doit être envisagée ; Il
nous faut suggérer une maîtrise des flux
migratoires notamment par un recours à l'aide
humanitaire dans des conditions qui restent à
définir. Le co-développement, des actions
d'appui adaptées dans des régions les
plus pauvres, l'expérience des services de l'Etat,
des collectivités locales, des O.N.G. et des
actions de coopération spécifiques seraient
bénéfiques. Ainsi le savoir-faire de régions
(Pas-de-Calais, Lorraine) françaises bénéficiant
d'une expérience dans la restructuration industrielle
pourrait bénéficier aux provinces chinoises
du Nord de la Chine touchées par des restructurations
industrielles ; Actions spécifiques, protections
sociales, formations. Notre coopération avec
la Chine en matière de gestion des flux migratoires
sera d'autant plus efficace qu'elle s'inscrira dans
une coopération globale. Cette politique de co-développement
avec la Chine pourrait être abordée dans
la perspective des prochaines rencontres avec nos partenaires
européens.
Transferts
et copies interdits. Tous droits réservés. Dr Pierre
Picquart
La présence chinoise en Afrique - Le Benin - Emission
7 jours sur la planète du 10/02/2007