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L’AVENIR
DES DEUX CHINES
Bien
des choses ont été dites et écrites sur « les deux Chines
», la République Populaire de Chine et l’Ile
subtropicale de Taiwan, anciennement dénommée Formose
; Tant sur les rivalités de leurs principaux dirigeants
et de leurs actions historiques, de leurs histoires respectives,
de leurs combats hégémoniques, idéologiques et de leurs
zones d’influences, et sur les enjeux géopolitiques territoriaux
qui les opposent encore aujourd’hui.
Ils
n’en reste pas moins que les discours opposés sur ces
deux territoires suggèrent de nos jours encore bien des
débats géopolitiques et de vives polémiques dans les pays
concernés, et au-delà de leurs frontières. Le
principal obstacle à résoudre n’est plus la communication
entre les deux Chines, ni les relations économiques et
les liens politiques indirectes qui deviennent de plus
en plus directes, ni la souveraineté de la République
Populaire Chinoise acceptée par Taiwan. Le principal différend
se limite à la reconnaissance par Pékin d’une nation chinoise
bicéphale avec deux Etats. A ce jour, malgré
la détente et la coopération entre les deux pays, les
dirigeants peuvent-ils se satisfaire de cette cohabitation
précaire, de cette coexistence incomplète sans une normalisation
au regard de deux positions officielles qui restent figées
?
Vous
êtes chinois ! Mais de quelle Chine ? Voilà une question
qui m’est toujours difficile de poser. La réponse ne sera
pas toujours évidente, car bon nombre de chinois de la
diaspora mondiale originaires de Taiwan ou de la Chine
continentale (pour peu qu’ils soient originaires de quelques
autres pays de l’Asie du Sud-Est), vont se déclarer sous
l’étiquette d’une autre nationalité plus ou moins récemment
acquise : cambodgienne, laotienne, vietnamienne, française
ou tout autre. En se présentant de celle manière, en gommant
ainsi l’espace ancestral et leurs racines chinoises, mes
interlocuteurs « chinois d’outre-mer » masqueront certes
momentanément des années de souffrances, de misères et
d’exclusions de toutes sortes liées à des parcours migratoires
semés d’embûches.
Pourtant, dans le croisement de ces itinéraires, des guerres
internes et externes et des destins individuels, l’un
au moins de leurs parents ou de leurs grands-parents était
souvent chinois d’une de ces deux Chines. Les troubles
du siècle dernier, les guerres fratricides, les rivalités
idéologiques et de pouvoir, les invasions et les combats
meurtriers ne facilitent pas une reconnaissance identitaire
chinoise. Pour beaucoup de chinois, il y a la vision d’une
« Grande Chine ». Mais ce rêve enseigné aux enfants de
Chine populaire n’est pas une réalité parce que la mère
patrie reste déchirée, scindée et soutenue par des rivalités
internes et internationales de deux idéologies et de deux
territoires. .
/ ...
Allons
nous vers un monde Chinois, deux Chines ou une Chine réunifiée
? Si l’objet du conflit actuel entre les deux
pays s’est tout à fait atténué depuis un quinzaine d’années,
il est bien trop tôt pour se lancer dans un calendrier
et une prospective précise, mais nous pourrions « parier
» facilement tout d’abord vers un rapprochement économique
entre les deux pays et des contacts plus directs entre
les délégations officielles. Ce pari est en passe d’être
gagné. Aujourd’hui, la détente, la coopération, les accords
évoluent favorablement entre les deux Chines grâce à des
canaux de communications institutionnels, favorisant la
sécurité de la région. Et ni Pékin, ni Taipeh, ni les
pays voisins ont intérêt à ce qu’une confrontation déstabilisent
une région en pleine croissance économique mais déstabilisée
récemment par SRAS . ... / ...
Mais telle est la thèse développée, celle d’une confédération
chinoise, d’une Union économique et politique chinoise
qui regroupera différents territoires et qui semblerait
la plus bénéfique et la plus probable aux développement
des différents ensembles coupés par l’histoire, et ici
pour la RPC et Taiwan dans un avenir à moyen terme. Les
deux ensembles chinois ne perdraient ainsi pas la face,
concept très important en Chine.
La
position Chinoise sur la représentation de Taiwan
Pour
les autorités de Pékin, la province de Taiwan fait partie
intégrale du territoire chinois et de la nation chinoise.
Pour la RPC, Taiwan (22,7 millions d'habitants fin 2000,
dont 97 % sont Han et 2 % sont Gaoshan) reste la pus grande
île de la Chine et une province inséparable de la Chine
depuis l’antiquité. Par une superficie de 35 989,76 km2,.
La province de Taiwan comprend 88 îles, dont l'île de
Taiwan, l'archipel de Penghu, les îles Diaoyu, Chiwei,
Lanyu et Huoshao.
1.
Géographie de Taiwan
Taiwan
est la plus grande île de la Chine est située dans l'espace
maritime Sud-Est, baignée à l'est par l'océan Pacifique,
face au Fujian à l'ouest à travers le détroit, séparée
au sud des Philippines par le détroit Bashi et baignée
à l'est par la mer de Chine orientale. Par une superficie
de 35 989,76 km2. La province de Taiwan comprend 88 îles,
dont l'île de Taiwan, l'archipel de Penghu, les îles Diaoyu,
Chiwei, Lanyu et Huoshao. ... / ...
2.
L’Histoire de Taiwan sous l’angle chinois de la RPC
Le
détroit qui sépare l'île Taiwan du continent a une profondeur
de 50 à 100 mètres. Mais à 10 km de la côte orientale
de Taiwan, dans le Pacifique, l'eau est profonde de 2
000 mètres et ce fossé marin s'approfondit davantage vers
l'est pour atteindre finalement une profondeur de plus
de 4 000 m. Cette structure géographique montre que Taiwan
se trouve aux confins du plateau continental de la Chine.
Géographiquement, Taiwan est lié au continent de la Chine.
De plus, les découvertes archéologiques à Taiwan prouvent
qu'à l'époque préhistorique, des habitants de Taiwan sont
venus du continent. Ces découvertes archéologiques sont
: la « culture de Fengbitou », découverte au mont Shigong
(mont Fengbitou du canton de Linyuan), à Gaoxiong ; la
« culture de Yangshao » trouvée à Dabenkeng, canton de
Bali, Taibei ; la découverte de fossiles de crâne de l'«
Homme de Zuozhen », dans le bassin de la rivière Cailiao,
au canton de Zuozhen, Tainan, et les objets utilisés par
l' « Homme de Changbin » découverts dans la grotte des
huit Immortels de Taidong. Toutes ces trouvailles relèvent
des mêmes cultures du continent. Dans
la littérature ancienne de la Chine, Taiwan est appelée
« Penglai »...
/ ...
3.
La population de Taiwan vue de Pékin
Taiwan
compte actuellement 22,7 millions d'habitants (fin 2000),
dont 97 % sont Han et 2 % sont Gaoshan. ... / ... La plupart
des Han de Taiwan sont venus des provinces du Fujian,
notamment de Quanzhou et de Zhangzhou, et du Guangdong,
notamment de Meixian et de Chaozhou. Du fait que les originaires
de Quanzhou et de Zhangzhou représentent près de 80 %
des Han venus du continent, le dialecte du Fujian du sud
est la principale langue parlée des habitants de Taiwan.
Les venus du Guangdong parlent la langue des Hakkas. Mais
la langue courante à Taiwan reste le mandarin, très popularisé
sur l'île. Par conséquent, personne ne saurait se tracasser
pour les questions de langue s'il parle le mandarin. ...
/ ...
4.
Des justifications territoriales à l’affirmation d’une
politique d’une seule Chine
Du
côté des justifications et des raisons liées aux revendications
territoriales sur Taiwan, la conviction de la RPC sur
la division de la Chine peut être contestée : Tant sur
la justification géographique d’une part, le poids de
l’histoire et la raison de l’archéologie ; Nous noterons
que la Chine et la Corée sont les deux derniers Etats
encore divisés par la guerre froide. La comparaison entre
des territoires qui sont divisés est toujours difficile,
au regard de la superficie, de la masse de la population
et d’autres facteurs historiques, culturels, politiques
et économiques forts variables. Ainsi, comparer la division
puis la réunification de l’Allemagne ou du Vietnam ou
la séparation des deux Corée avec le cas des deux Chine
relèverait d’un exercice d’écriture d’équilibre aléatoire
en haute voltige et de la gymnastique analytique peu convaincante,
tant les facteurs qui caractérisent ces pays sont différents.
... / ...
La
possible réunification
Depuis
1987, les relations et les échanges entre les deux sociétés
favorisent l’émergence d’un dialogue et de négociations
entre les deux pays. Les conceptions et les voies
ou procédures tendant vers la « réunification » sont différentes.
Depuis la mort de Thiang Kaï-sek à Taïwan et l’arrivée
au pouvoir de Deng Xiaoping, les régimes politiques et
économiques différents tendent néanmoins vers des objectifs
communs avec des avancée qui semblent exclure aujourd’hui
toute intervention militaire, malgré les menaces ponctuelles.
... / ... La Chine populaire souhaite un Etat et deux
systèmes comme pour Macao et Hong Kong. La république
de Chine s’oriente ente « un pays et deux entités politiques
légales » etl’indépendance représentée par la Parti démocratique
progressiste.
Malgréla
menace territoriale de Pékin sur Taiwan si celle-ci déclare
son indépendance, l’appui des Etats-Unis à Taiwan, l’entrée
de la RPC dans une économie marchande et mondialisée,
l’évolution moins belliqueuse de l’électorat taiwanais,
le développement des échanges et la nécessité économique
de se rapprocher du grand marché frère continental chinois
modèrent les discours les plus fermes des deux côtés.
Pour le nouveau parti et le courant minoritaire du KMT,
on s’avance vers une réunification plus rapide et plus
prudente. Les échanges humains, commerciaux entre les
deux pays sont florissants et marquent des relations multiples
et complexes. tout semble pnser que nous avançons vers
une lente normalisation des relations entre la Chine et
Taïwan.
Dr
Pierre Picquart
Fin
de l'extrait © Pour des informations
sur nos articles, misssions et rapports >
Dr Pierre Picquart
Pour lire l'article complet voir la Revue des deux Mondes
© > février 2004
(1) Revue des deux mondes
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